Emmanuel Macron, au-delà de son bilan calamiteux et de sa capacité à susciter le ressentiment des Français, aura été un président d’une immaturité déconcertante. Capricieux, changeant, égocentré, son discours sur les armées à l’occasion du 14 juillet témoigne surtout de son retard en matière de Défense.
À deux ans de la fin de son mandat, Emmanuel Macron a annoncé une hausse des crédits militaires. Une décision salutaire, mais tardive, dans un monde qui a changé et que le président, élu sur un discours se voulant résolument moderne et tourné vers le futur, n’a pas su anticiper.
Dès sa première année au pouvoir, la démission du général de Villiers, sur fond de désaccord budgétaire, avait révélé des lacunes sur la question militaire. Huit ans plus tard, l’histoire a donné raison à l’officier supérieur : la France, malgré des militaires aguerris, semble plus que jamais en perte de vitesse, y compris sur le plan militaire.
Quelles menaces pour la France ?
Alors que le président s’évertue aujourd’hui à répondre à la menace russe – une menace somme toute lointaine, au regard des difficultés de Moscou à venir à bout de Kiev –, il semble négliger un facteur clé : l’imprévu. Nul ne peut prédire d’où viendra la prochaine menace ni comment s’écrira l’Histoire. Bien gouverner, c’est envisager toutes les éventualités et dans le cas de la France c’est aussi s’interroger sur les menaces intérieures. Le député européen Pierre-Romain Thionnet a dénoncé l’attitude du président dans un message publié sur les réseaux sociaux, pointant du doigt ses contradictions :
« La situation intérieure française du point de vue de la sécurité quotidienne et de la pression migratoire est si catastrophique qu'elle incite certains de nos compatriotes, et on les comprend, à refuser la lucidité quant aux menaces extérieures et aux exigences militaires qu'elles impliquent tant que le pouvoir en place n'aura pas reconnu et traité sérieusement le problème interne.
C'est ce qu'il faut reprocher inlassablement à Emmanuel Macron sans tomber dans le piège du déni des défis géopolitiques qui se posent à notre pays : en ne consacrant pas au redressement intérieur une importance équivalente à la remontée en puissance militaire, il met en péril la pérennité de cette dernière ; en ne comprenant pas que pour être "craint" il ne suffit pas d'être "puissant" mais qu'il est nécessaire d'être crédible par sa cohésion nationale, il détache dangereusement la question de la défense nationale de l'état général de la nation et de la santé de son peuple ».
Les deux mandats d’Emmanuel Macron auront été marqués par des illusions vaines, notamment sur l’allié américain et la construction européenne. Passant d’une polémique à l’autre sans jamais prendre la pleine mesure des bouleversements historiques en cours, ce président incarne, à bien des égards, une synthèse de l’échec français des dernières décennies.
Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
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